Neuvième article de blog : encore plus grand qu’une communauté

Transcription de la vidéo

La vidéo de Jean-Michel Cornu

Le pdf de la vidéo

Est-ce que les communautés, en particulier les communautés en réseau dont nous avons parlées dans ces trucs d’animation, celles qui ne sont pas simplement centralisées mais au contraire où tout le monde peut discuter avec tout le monde, ont une taille maximum ?
Souvent se pose la question quand on a une taille maximum : est-ce qu’on peut aller au-delà ?
Je suis Jean Michel Cornu spécialiste la coopération de l’intelligence collective et aujourd’hui on va essayer d’aller au-delà des communautés, c’est à dire d’avoir encore plus de membres que ce que permet une communauté.

On avait vu que les petites équipes projets elles-mêmes étaient limitées à une douzaine de personnes maximum. Au-delà, on a du mal à comprendre tout ce qui se passe. Pas simplement pour des raisons bibliques, mais aussi pour des raisons de neurosciences : de la capacité cognitive de notre cerveau à comprendre tout ce qui se passe : toutes les interactions, pas simplement entre moi et les autres mais entre les autres et les autres.

On a réussi à dépasser cette limite de 12 en créant des communautés. Alors dans ses communautés évidemment tout le monde n’est pas aussi actif que dans les projets loin de là, puisque on est 10 à 20 % d’actifs plutôt que pratiquement tout le monde comme dans une équipe projet. Mais malgré tout, on ait vu qu’avec des communautés de projets on arrivait à avoir suffisamment de monde pour que les choses se passent bien et qu’elles soient suffisamment active.

Il faut que la communauté ait un nombre minimum de participants : si on a 10 % d’actifs, pour avoir suffisamment d’actifs, il faut avoir au moins une centaine de personnes. Ça vous fait au moins une dizaine de personnes actives ce qui est pas mal comme population active et puis si vous avez une communauté qui grandit -200, 300, 500, 1000, 2000 personnes- tant mieux vous aurez plus de gens actifs.

Mais quelle est la fourchette haute ? Lorsqu’on commence à avoir quelques milliers de personnes -de 3 à 4000- on commence à avoir du mal à se voir puisque le nombre d’actifs, devient très important et donc les actifs eux-mêmes ont du mal à se voir dans groupe puisqu’ils peuvent être plusieurs centaines.

Or notre cerveau ne permet de créer des liens à long terme qu’avec à peu près 150 personnes : c’est le nombre de Dunbar. Finalement, quand on dépasse à peu près les 150 actifs, ce qui arrive avec quelques milliers de personnes, et bien la communauté marche moins bien.

Pourtant dans les années 2000 on a eu -on va les appeler « des très grands réseaux » à partir de dix mille et même quelques centaines de milliers de personnes. Avec les Colibris, avec l’arrivée de Wikipédia, avec des très grands réseaux comme cela. Je préfère parler d’ailleurs d’écosystèmes plutôt que de très grands réseaux, parce qu’un réseau normalement ça met juste en relation des personnes, comme un réseau téléphonique, et c’est tout ; Alors que là on va quand même plus loin parce que c’est un véritable écosystème.

Comment fonctionne-t-il ? Quel est le truc de ces grands écosystèmes pour arriver à avoir dix mille ou cent mille personnes alors qu’une communauté est limitée à quelques milliers ? L’astuce est la même que celle qui a permis de créer les communautés c’est-à-dire que les communautés en réseau fonctionnent parce qu’elles ont des petits projets et qu’elles ne sont pas simplement une communauté de personnes mais une communauté de personnes ET de petits projets.

Et bien les écosystèmes sont souvent des écosystèmes de plusieurs communautés. Des « écosystèmes de communautés » et donc on va avoir des communautés qui vont contenir quelques centaines de personnes parfois quelques milliers. Et l’ensemble de ces communautés, plus quelques observateurs, va constituer un écosystème.

Alors vous allez me dire : comment distinguer cette fois les communautés des écosystèmes puisque dans les projets on le voit bien c’est les gens qui sont vraiment actifs, qui font vraiment les choses…

Comment les distinguer des communautés ? Il y a deux cas de figure.
Tout d’abord vous pouvez avoir des communautés locales : prenons l’exemple des Colibris et vous avez effectivement un grand écosystème sur la France de gens qui sont extrêmement actifs pour inventer le monde de demain et vous allez avoir des communautés locales qui vont avoir quelques centaines de  personnes qui elles-mêmes d’ailleurs, vont lancer plusieurs projets avec des petites équipes projets un peu plus réduites.

On trouve ces communautés locales aussi dans les Réseaux de la Transition dans Tela Botanica qui rassemble des botanistes francophones un peu partout. C’est vrai aussi sur OpenStreetMap sur la partie plus technique cette cartographie collaborative où les gens vont se regrouper aussi parfois au niveau local et travailler ensemble.

Mais il y a une deuxième façon de créer une communauté au sein de l’écosystème c’est de diviser les choses par thématique. Le meilleur exemple peut-être c’est Wikipédia. Finalement qu’est-ce que c’est qu’un un sous-groupe dans Wikipédia ? Ce sont des gens qui vont travailler sur un article avec une petite différence : là, on est moins au stade de la communauté puisqu’un article est fait plutôt par une personne (bon ça ce n’est pas forcément la meilleure chose…), ou plutôt par deux trois personnes et  jusqu’à une douzaine et donc on est plutôt dans une petite équipe projet. Donc Wikipédia c’est un très grand écosystème qui a plutôt des petites équipes projets et qui a moins le système intermédiaire.

Mais pourtant dans Wikipédia vous avez des grandes thématiques : la physique, la biologie, l’histoire ou tout ce que vous voulez. Et donc on pourrait imaginer de regrouper les gens pas simplement au niveau projets, mais au niveau projets, communautés thématiques (l’histoire, la géographie, l’art, la musique, ce que vous voulez…) et après au niveau Wikipédia.

On pourrait aussi imaginer un écosystème où vous avez à la fois des communautés thématiques et des communautés territoriales C’est le cas par exemple de Coop-group qui rassemble 10 000 innovateurs sociaux un peu partout dans le monde plutôt francophone. Vous allez avoir des communautés locales territoriales par exemple au Burkina Faso ou dans une douzaine de pays africains, mais aussi sur le lac Léman, en Bretagne en Chine, etc. Et puis vous allez avoir des communautés thématiques. On va avoir des groupes sur les Fab-Labs, sur la santé, sur les tiers-lieux sur ce que vous voulez.

Ce qui est très intéressant c’est que même si ça se dessine petit à petit parce qu’il n’y a pas toutes les thématiques et pas tous les territoires sur lesquels les projets peuvent se développer, c’est que finalement un projet est basé sur un territoire et sur une thématique. Donc la communauté thématique c’est un ensemble de projets territoriaux, de projets locaux.

C’est à dire qu’on va fabriquer un Fab-Lab par exemple et on va s’entraider avec les Fab-Labs à différents endroits du monde. Et puis le groupe Burkina par exemple, le groupe local, lui va rassembler différents projets thématiques, par exemple la cartographie, les FabLabs, etc. Et donc le Ouaga Lab, par exemple, le Fab Lab au Burkina Faso qui a lancé les Fab Lab africains, va pouvoir faire partie à la fois d’une communauté thématique et à la fois d’une communauté territoriale : thématique avec les Fab-Labs et territoriales au Burkina Faso.

Et l’ensemble fait un écosystème Finalement les liens entre les communautés se fait extrêmement naturellement et sans beaucoup d’efforts par rapport à ce qu’on voudrait faire si on veut essayer de rassembler les différentes communautés locales.

Alors à vous de jouer : est-ce que vous avez un très grand groupe ? c’est à dire un groupe au-delà de dix mille personnes. J’en ai cité quelques-uns : Tela Botanica, Coop-Group, Wikipédia, OpenStreetMap, le mouvement des Colibris, les réseaux de la Transition, etc. Il y en a d’autres ! alors ce serait intéressant que dans les commentaires ci-dessous vous nous disiez « voilà un autre très grand écosystème » (ou très grand réseau suivant les termes qu’on utilise). Dites-moi si cet écosystème dont vous faites partie êtes décomposé aussi en communautés : communautés territoriales ou thématiques ou pourquoi pas les deux. Dites-moi si vous avez effectivement un niveau projets aussi. Bref, quels sont les différents niveaux.

On pourrait évidemment aller encore plus loin ! Aller plus loin que quelques centaines de milliers comme par exemple les Colibris où ils sont effectivement très nombreux. Ce qui est intéressant c’est  qu’aujourd’hui se dessine la mise en réseau des écosystèmes : avec les Colibris qu’ils discutent avec Wikipédia, etc.

Ou encore les grandes rencontres comme les rencontres Moustic à Montpellier, les rencontres du Forum des Usages Coopératif à Brest, ou les rencontres Co-Construire a Tournay par exemple, pour parler encore une fois du monde francophone.

Il y a également InnovAfrica qui a existé jusqu’en 2015 au niveau de l’Afrique francophone. Ses rencontres permettent de mettre en réseau ces grands écosystèmes.

Donc on commence à avoir un réseau ou plutôt « la mise en réseau » puisqu’il n’y a même pas de nom cette fois ! (On ne va pas essayer de piquer la visibilité et l’identité de chacun…) : La « mise en réseau » de ces écosystèmes constitués de communautés, elles-mêmes constituées de projets ; ces projets rassemblent des personnes.

Grâce à ses différentes étapes, plutôt que d’avoir un immense groupe de centaines de milliers ou de plusieurs millions de personnes, ce qu’on ne sait pas faire aujourd’hui, on va avoir cette hiérarchie de groupes qui remplace la hiérarchie de personnes c’est à dire qu’au lieu d’avoir une personne qui devient maître du monde parce qu’elle est la chef de tout le monde… Ici, c’est juste une mise en réseau des niveaux différents.

Vous pouvez aller plus loin en téléchargeant gratuitement « le guide de l’animateur, une heure par semaine pour animer une grande communauté ». Vous pouvez « liker », commenter… Envoyez-moi toutes vos idées, vos commentaires n’hésitez pas à me proposer aussi des nouveaux trucs d’animateurs et puis rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau truc d’animation.

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