Vingt cinquième article de blog: le rôle de la masse critique

Jeffrey Rohlfs a , dans le milieu des années 1970, publié un article très important sur le mécanisme des effets de réseau.(Pour lui, ils se décomposent en deux phases distinctes : une première de croissance très lente, qui peut même avorter et la dynamique s’arrête. Mais si le phénomène d’influence sociale a atteint une certaine taille, tout d’un coup les choses s’accélèrent. Il se met en place une croissance irrésistible car elle est auto-entretenue.
Le point à partir duquel le phénomène d’influence mutuelle semble s’accélérer est appelé masse critique.
Ainsi, lorsqu’un site de mise en relation pour la consommation collaborative comkme AirBnB ou BlaBlaCar lance son activité, il doit connaître deux phases distinctes :
Dans la première partie de son existence, il semble devoir escalader une montagne : il n’a pas assez de clients (ou d’inscrits), et ceci n’incite que peu de personnes à le faire car il n’y pas assez d’influence des inscrits sur les non-inscrits.
– Puis une fois la masse critique atteinte, l’effet d’avalanche se déclenche : les nouveaux inscrits incitent d’autres à le faire et le processus s’accélère. La puissance des effets de réseau est très grande.
Il y a donc un vrai défi pour les plateformes de consommation collaborative : comment faire pour atteindre la masse critique ?

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Geoffrey Moore publiait en 1991 le livre « Crossing the Chasm » où il expliquait qu’une innovation pouvait tomber dans un gouffre avant de décoller parce qu’après avoir conquis les utilisateurs les plus enthousiastes, ce qui est le plus facile à faire, elle ne savait pas conquérir les autres, moins emballés a priori.
En principe, lorsqu’il y a un effet de réseau, les premiers adopteurs sont censés entraîner les autres. En réalité, l’hétérogénéité entre les premiers utilisateurs et les autres, qui est à la source du « gouffre », peut aussi se produire dans ce cas.
Il suffit en effet que ces premiers utilisateurs constituent une communauté à part qui ne communique surtout qu’avec elle-même. Alors, son pouvoir d’entraînement vis-à-vis des autres utilisateurs est trop faible et l’innovateur doit s’adresser directement au « gros du bataillon » pour espérer enclencher le véritable effet de réseau, celui qui concerne justement ces gros bataillons.

QuiestGeoffreyMoore ?

Geoffrey Moore est un écrivain et consultant hi-tech de la Silicon Valley. Il est né le 31 juillet 1946 à Portland dans l’Oregon.

Ses livres sont basés sur son expérience en tant que consultant au sein du McKenna Group et du Chasm Group (qu’il a fondé), et des travaux de son prédécesseur Everett Rogers sur les catégories d’adopteurs et la diffusion de l’innovation.

En analysant le cycle d’adoption des innovations, il identifie cinq catégories :

  1. Innovateurs (2,25 %) ;
  2. Adapteurs précoces (15 %) ;
  3. Majorité avancée (34 %) ;
  4. Majorité tardive (34 %) ;
  5. Retardataires (15 %).

L’idée majeure de Moore est que différents groupes adoptent les innovations pour différentes raisons. Les adopteurs précoces sont des fondus de technologie recherchant un changement radical, alors que la majorité avancée veut une « amélioration de la productivité ». Le second groupe veut un produit fini, alors que le premier accepte les imperfections et possède les compétences techniques pour voir immédiatement les avantages.

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