Vingt et unième article de blog : la valeur travail

Définition du mot Valeur travail

La valeur travail est un concept économique ancien, que l’on retrouve chez Adam Smith, David Ricardo et Karl Marx. Ce concept part du principe que le prix de vente d’un bien ou d’un service est uniquement fonction de la quantité de travail qui a été nécessaire pour sa production ou sa réalisation. Cela s’oppose donc au concept de prix de marché, qui est la résultante de l’offre et de la demande, et est également appelé valeur utilité .

Cette théorie a vite atteint ses limites. Tout d’abord à cause de la diversité des biens et des services sur le marché, qu’il est difficile de ramener à la seule valeur travail – il n’est pas aisé en effet de comparer la valeur travail d’un artisan avec celle d’un médecin ou d’un ouvrier.

Ensuite avec l’importance de plus en plus croissante de la part du capital, qui permet les investissements et l’automatisation ; ainsi, la valeur travail humaine est dans certains cas très réduite, mais le prix de vente doit couvrir les dépenses réalisées. C’est d’autant plus vrai avec les ordinateurs et les chaînes de production. Enfin, car le consommateur est devenu plus important que le producteur, dans une société dite de consommation , et, à quelques exceptions près, le prix de marché est réellement la confrontation de l’offre et de la demande.

Traduction du mot Valeur travail en anglais 

  • Labor theory of value
  • Marx has an interesting opinion about the labor theory value.
  • Marx a un point de vue intéressant sur la valeur travail.

Le sociologue Patrick Cingolani, auteur de Révolutions précaires (La Découverte, 2014), invite à réfléchir aux articulations entre salariat et indépendance.
Vous affirmez que le terme précaire est porteur d’une multiplicité de sens. C’est-à-dire ?
Patrick Cingolani.- Sans vouloir monter en épingle la figure du précaire, liée à des formes d’exploitation du travail, on ne peut pas non plus réduire ce terme à la simple dimension de pauvreté. Ce mot a renvoyé historiquement à autre chose : dès les années 1980 le mot précaire est mis en avant par certains mouvements.

Dans L’Exil du précaire (Méridiens Klincksieck, 1986), j’évoque des jeunes issus de milieux populaires qui essaient d’échapper au travail et se servent de l’intermittence comme mode de vie alternatif. Le mot précaire est alors l’expression d’une aspiration à l’autonomie et à l’autoréalisation.

Qui détient le pouvoir de la flexibilité ? Le co-working est à cet égard très intéressant : quand il est le produit de l’auto-organisation des individus, c’est un phénomène très riche, signe d’une prise de conscience face à un certain isolement, d’un passage à une nouvelle étape. Mais si on pense à WeWork, une grande chaîne américaine qui offre des espaces aux travailleurs indépendants, c’est moins le résultat de l’activité réflexive des individus que le reflet de contraintes professionnelles, dans le cadre marchand d’une grosse entreprise.

Ces révolutions précaires peuvent-elles aboutir à un changement de notre rapport au travail ?

Oui. Le modèle bureaucratique et hiérarchique est en train de changer. Un certain nombre de gens paient cela très cher, à coups de travail précaire et d’intermittence. Les politiques, les syndicalistes parlent parfois des précaires pour s’en débarrasser et sans essayer de comprendre le sens de leur démarche. Or ces expériences sont importantes, elles sont le reflet d’une transformation à laquelle la société doit répondre.

TLe philosophe Bernard Stiegler affirme que l’emploi, c’est fini, qu’il faut abandonner cette chimère. Je reste très prudent sur la question du salariat, qui continue à être un système de protection fondamental. En revanche, il existe des initiatives intéressantes, comme la coopérative d’activité et d’emploi Coopaname, une sorte de mutuelle de travail associé. C’est sur les nouvelles articulations entre salariat et indépendance qu’il faut réfléchir.

Bibliographie

 

 

 

 

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