Vingtième article de blog: coopération et collaboration

Pour bien se comprendre, il faut d’abord bien s’entendre

Le travail collaboratif est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre (comme on dit) depuis… disons juillet 1945. Je pointe ici la publication du fameux article de Vannevar Bush dans la revue The Altantic Monthly (As We May Think). Personnellement, je considère que tout est parti d’ici. Cela ne date donc pas d’hier ! Pour autant, dans mes activités de conseil et de formation, je rencontre toujours la traditionnelle hésitation entre 2 termes régulièrement employés dans le langage courant : lacollaboration et la coopération.

J’ai l’impression qu’on pourrait discuter sans fin sur la signification et la différence entre ces termes. Il faut donc adopter une définition par convention pour bien s’entendre. Mais surtout pour bien se comprendre dans la réflexion et l’action. Car c’est bien cela qui compte sur le terrain. Depuis 2014 date à laquelle j’ai participé à  mon premier MOOC ITYPA de type connectiviste j’ai été initié au travail collaboratif sur Framapad, voici la définition que j’ai toujours adoptée. Tout ce que j’ai dit, écrit et fait depuis, est resté cohérent avec cette explication.

Quelques explications rapides. On peut considérer la collaboration comme l’intrication de trois processus complexes, distincts dans leurs finalités respectives mais interdépendants :

  • Le premier processus de base, celui sans lequel les deux autres ne peuvent s’effectuer, est la communication. Pour simplifier, ce processus permet les interactions entre individus (acteurs/ sujets) dans un groupe.
  • Le deuxième processus, rendu possible par la communication, est la coopération. Pour simplifier encore, ce processus permet le partage et la mutualisation de ressources utiles pour la co-action (action à plusieurs, action collective qui ne repose pas nécessairement sur un objectif unique et partagé). L’exemple type est la communication/ coopération que l’on retrouve dans une communauté de pratique.
  • Le troisième processus, optimisé et rendu possible par la communication et la coopération, est la coordination. Toujours pour simplifier, ce processus permet la synchronisation d’acteurs et d’actions en interdépendance dans le cadre d’un processus de travail. Autrement dit, dans le cadre de ce que j’appelle souvent une « activité collective, conjointe et finalisée ». Contrairement à la coopération, la coordination repose nécessairement sur un objectif unique et partagé. L’exemple type est la communication/ coopération/ coordination que l’on retrouve dans une équipe projet.

J’ai donc toujours expliqué que la collaboration correspondait à ces « 3C ». Trois processus bien distincts qu’il est d’ailleurs facile de repérer, quotidiennement, sur le terrain de nos organisations à travers nos activités quotidiennes. Ces explications reposent sur des concepts expliqués par d’autres experts en communication. Mais, évidemment, tous les experts ne s’accordent pas nécessairement entre eux.

Alors, comme je me prétends moi-même « expert », je donne une clé de lecture pratico-pratique de ce qui relève, authentiquement, de la collaboration. Il existe un processus cyclique de la collaboration dans lequel on peut identifier 4 phases comme l’indique le schéma suivant :

Force est de constater que ce processus de collaboration-au-travail repose bien sur une certaine maturité sociale et culturelle en matière de communication, de coopération et de coordination. Quand un collectif de travail apprend à dérouler ce cycle de communication, que ce soit en face à face (F2F/ Face-to-Face) ou en ligne (S2S/ Screen-to-Screen), la collaboration commence à devenir une réalité qui prend sens pour les individus. Il y a des méthodes d’apprentissage pour cela, notamment pour les activités de collaboration en ligne. Mais cela est un autre sujet !

Mais mon propos va encore au-delà. Pour comprendre ce que « travail collaboratif » veut dire, il faut aller encore bien plus loin. A savoir, comprendre ce que le terme travail peut vouloir dire, aujourd’hui au 21e siècle, dans l’esprit des travailleurs salariés ou non qui forment le gros des bataillons à qui s’adresse le soi-disant potentiel du travail collaboratif (en ligne). Je reviendrai sur cette question dans un prochain article.

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