Seizième article de blog: les experts

Sources : am-design thinking-Blog

Un jour de grand soleil,
Six aveugles originaires de l’Hindoustan,
Instruits et curieux,
Désiraient, pour la première fois,
Rencontrer un éléphant
Afin de compléter leur savoir…

Le premier s’approcha de l’éléphant
Et, alors qu’il glissait
Contre son flanc vaste et robuste,
Il s’exclama : « Dieu me bénisse,
Un éléphant est comme un mur ! ».

Le deuxième, tâtant une défense
S’écria « Oh ! Oh !
Rond, lisse et pointu!
Selon moi, cet éléphant
Ressemble à une lance ! »

Le troisième se dirigea vers l’animal,
Pris la trompe ondulante
Dans ses mains et dit :
« Pour moi, l’éléphant est comme un serpent ».

Le quatrième tendit une main impatiente,
Palpa le genou
Et fut convaincu qu’un éléphant
Ressemblait à un arbre !

Le cinquième s’étant saisi par hasard de l’oreille, dit :
« Même pour le plus aveugle des aveugles,
Cette merveille d’éléphant
Est semblable à un éventail ! »

Le sixième chercha à tâtons l’animal
Et, s’emparant de la queue qui balayait l’air,
Perçu quelque chose de familier :
« Je vois, dit-il, l’éléphant est comme une corde ! »

Alors, les 6 aveugles
Discutèrent longtemps et passionnément,
Tombant chacun dans un excès ou un autre,
Insistant sur ce qu’il croyait exact.

Ils semblaient ne pas s’entendre,
Lorsqu’un sage, qui passait par-là,
Les entendit argumenter.

« Qu’est-ce vous agite tant ? » dit-il.
« Nous ne pouvons pas nous mettre d’accord
Pour dire à quoi ressemble l’éléphant ! »

Et chacun d’eux lui dit ce qu’il pensait à ce sujet.
Le sage, avec son petit sourire, leur expliqua :
« Vous avez tous dit vrai !

Si chacun de vous décrit l’éléphant
Si différemment,
C’est parce que chacun a touché
Une partie de l’animal très différente !
L’éléphant à réellement les traits
Que vous avez tous décrits. »

« Oooooooh ! » exclama chacun.
Et la discussion s’arrêta net !
Et ils furent tous heureux d’avoir dit la réalité,
Car chacun détenait une part de vérité.

La morale de cette histoire  est évidente: il faut se garder d’identifier son propre point de vue, nécessairement limité et partiel, à la réalité globale.

Cela évite le ridicule des doctrinaires et des fanatiques, persuadés d’avoir chacun LA vérité et qui se disputent sans fin – sans fin parce qu’en fait, chacun est en possession d’une partie de la vérité, et que donc tous ont raison quant à ce qu’ils ont expérimenté chacun de son côté – et tous ont tort quand ils prétendent réduire la réalité totale à leur expérience fragmentaire.

L’autre leçon est qu’une fois que chacun a accepté d’avoir une partie seulement de la vérité, chacun peut ensuite admettre que les autres ont, eux aussi, une partie de la vérité, et donc entretenir avec les autres un respect mutuel.

La vérité n’est alors jamais possédée par une seule personne, en excluant les autres de sa jouissance, non, elle serait ce qui adviendrait après une réflexion collective, une mise en commun de la part de vérité de chacun, pour en faire un tout.

D’autres raisons peuvent également être avancées.

Les experts recueillent leurs informations auprès du public, via des personnes qui sont particulièrement concernées, et il est probable que ces dernières nourrissent des vues plus extrêmes que d’autres (Sjöberg, 2001a).

Le public, quant à lui, collecte habituellement ses informations auprès d’experts qui sont désignés pour ce rôle de communication, à moins qu’ils n’agissent en tant que chercheurs indépendants. Il est probable qu’ils modèrent quelque peu leur message afin de mieux s’adapter à ce qu’ils croient être les opinions du public.

Affronter une partie adverse avec une vue fortement divergente irait à l’encontre du but recherché. D’autres stratégies sont donc utilisées.

Lorsque des personnes communiquent, elles cherchent à émettre un message en conformité avec leurs convictions, et veulent de plus être crédibles. Ceci semble évidente, car l’un des buts de la communication est le transfert d’opinions d’un groupe d’individus vers un autre groupe de personnes qui ignore la problématique en question, ou considère les convictions émises comme erronées.

Ces deux positions s’observent dans nomtbre de situations de communication du risque. Le type de situations envisagées dans cette contribution est celui dans lequel les experts ok estiment que le risque est minime, tandis que lya grande majorité du « public » kiconcerné a un avis diamétralement opposé, et possède peu de connaissances en la matière.

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