Troisième article de blog : Comment produire un document à plusieurs centaines de personnes

Auteur de la fiche : Jean-Michel Cornu

Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA

Description :La première deuxième partie est disponible ici

Comment passer du café du commerce à l’intelligence collective ?

La parabole des aveugles et de l’éléphant 1

Six hommes d’Inde, très enclins à parfaire leurs connaissances, allèrent voir un éléphant (bien que tous fussent aveugles) afin que chacun, en l’observant, puisse satisfaire sa curiosité. Le premier s’approcha de l’éléphant et perdant pied, alla buter contre son flanc large et robuste. Il s’exclama aussitôt : « Mon Dieu ! Mais l’éléphant ressemble beaucoup à un mur! ». Le second, palpant une défense, s’écria : « Oh ! qu’est-ce que cet objet si rond, si lisse et si pointu? Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup à une lance ! ».

Le troisième s’avança vers l’éléphant et, saisissant par inadvertance la trompe qui se tortillait, s’écria sans hésitation : « Je vois que l’éléphant ressemble beaucoup à un serpent ! ». Le quatrième, de sa main fébrile, se mit à palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal fabuleux ressemble à un arbre ! ». Le cinquième toucha par hasard à l’ oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire à quoi ressemble le plus l’éléphant ; nul ne peut me prouver le contraire, ce magnifique éléphant ressemble à un éventail ! ».

Le sixième commença tout juste à tâter l’animal, la queue qui se balançait lui tomba dans la main. « Je vois, dit-il, que l’éléphant ressemble beaucoup à une corde ! ». Ainsi, ces hommes d’Inde discutèrent longuement, chacun faisant valoir son opinion avec force et fermeté. Même si chacun avait partiellement raison, tous étaient dans l’erreur.

Du café du commerce 2

Habituellement, nous considérons que si une idée est vraie, alors l’idée contraire est fausse. C’est ce que l’on appelle le principe de non-contradiction qui est à la base de notre logique telle que l’a définie Aristote. Cependant Eubulide de Millet, qui en était un adversaire a montré grâce au paradoxe du menteur que cela n’était pas nécessairement juste : « Un homme disait qu’il était en train de mentir.

Ce que l’homme disait est-il vrai ou faux ? ». Cette phrase ne peut être ni vraie… ni fausse ! De même, comme dans la parabole de l’éléphant, il y a des affirmations qui peuvent sembler contradictoire mais sont toutes vraies . On parle alors d’antinomie. C’est particulièrement le cas, lorsque l’on cherche à avoir plusieurs points de vue différents sur un sujet.

 

Eric Grelet – CC By Sa

Armé du principe de non-contradiction, nous passons beaucoup de temps, non pas à chercher ce qui est vrai ou faux, mais à justifier ce que nous avons dit précédemment … Et donc que les autres qui proposent des arguments différents sont dans l’erreur. Une très grande majorité du temps de discussion est ainsi consacré pour chacun à répéter sa propre affirmation pour être sûr qu’elle soit bien prise en compte et à la justifier.

Le fond de la discussion bien souvent, ne consiste plus à chercher ce qui est vrai, mais à ne pas être mis en défaut et même si possible à obtenir la reconnaissance des autres pour avoir dit quelque chose considéré comme vrai.

…A l’intelligence collective

Pour sortir du « café du commerce », il est nécessaire de chercher dans un premier temps non pas ce qui est vrai mais les différents points de vue sur un sujet. Plus le nombre de personnes qui proposerons un point de vue sera grand, plus la vision aura des chances d’être plus complète.

A ce stade, la discussion peut s’accommoder de visions approximatives, voire apparemment fausses, l’objectif étant de rassembler le plus grand nombre de point de vue différents et d’en susciter de nouveaux pour compléter ceux déjà rassemblés.

Mais nous devons également composer avec nos propres limitations cognitives. Ainsi, nous ne pouvons garder à l’esprit que les trois derniers éléments d’une discussion 5. Lorsque nous prenons du recul par rapport au discours, nous pouvons avoir une vue d’ensemble des différents affirmations ou arguments, mais là encore nous sommes limités et ne pouvons conserver à l’esprit qu’entre 5 et 9 idées . Pour permettre de traiter un sujet par l’intelligence collective, nous allons donc devoir avoir une méthode pour travailler avec un très grand nombre de personnes, cartographier l’ensemble des idées proposées tout en s’interdisant dans un premier temps de sélectionner certaines idées et d’en éliminer d’autres.

Les trois principes pour construire des idées à plusieurs

Pour arriver à lever les difficultés de la discussion collective, il est nécessaire de prendre en compte trois principes de l’intelligence collective qui sont assez contre intuitifs mais qui vont servir de base à la construction d’une méthode qui permet de produire des idées et des contenus avec plusieurs centaines de personnes.

La taille des groupes et les rôles des membres 

Dès qu’un groupe dépasse le nombre d’une douzaine de membres, chaque personne prend une posture proactive, réactive, d’observateur ou inactive et peut en changer en fonction d’un certain nombre de critères. On observe de façon assez contre-intuitive que le pourcentage d’actifs reste remarquablement constante (principe du 90-9-1) : les proactifs sont entre un et quelques pour cent et les réactifs entre dix et quelques dizaines de pour cent.

On peut en déduire différents types de groupes distingués par le nombre de leurs membres :

Les petits groupes jusqu’à une douzaine de personnes qui peuvent être gérés de façon contrainte (en attendant une action de chacun des différents membres) ;

Les groupes intermédiaires entre une douzaine et une centaine de personnes qui nécessitent plus d’efforts d’animation pour obtenir des réactions ;

Les grands groupes entre une centaine et un ou deux milliers de personnes qui permettent de produire de façon collaborative… à condition de se focaliser sur les réactifs ;

Les très grands groupes intermédiaires de plusieurs milliers de personnes où le groupe que forme les membres proactifs devient plus difficilement cohérent ;

Les très grands groupes au-delà de quelques dizaines de milliers où les proactifs sont suffisamment nombreux pour rendre l’animation moins contrainte.

Les grands groupes entre une centaine et un ou deux milliers de personnes présentent un intérêt particulier : ils sont un passage obligé pour les groupes qui ont vocation à devenir très grands, et surtout ils représentent une taille qui correspond bien au nombre de personnes que l’on peut rassembler sur beaucoup de thèmes assez précis.

Ils nécessitent cependant de bien prendre en compte les membres qui ont adoptés une attitude réactive (que l’on peut atteindre dans les système en ligne par des outils push comme le mail, Facebook ou Twitter plutôt que par des outils pull comme le web ou les forums) et pas seulement les proactifs qui dans ce cas ne sont pas assez nombreux.

Le choix a posteriori 

Il existe plusieurs stratégies en fonction de l’environnement dans lequel on se situe :

La planification : dans une situation prévisible mais où les ressources sont rares, il faut prévoir pour optimiser les ressources et ne pas les gâcher ;

La négociation : lorsque les ressources sont rares mais que la situation n’est pas prévisible, la négociation permet de faire un choix au présent à défaut de pouvoir le faire à l’avance ;

Le choix a posteriori : lorsque l’on peut disposer d’une abondance de ressources (grand groupe, information abondante) mais que la situation n’est pas prévisible, alors il vaut mieux susciter une abondance de choix et ne choisir qu’a posteriori, parmi toutes les possibilités ;

Souvent nous ne choisissons pas notre stratégie mais utilisons celle que nous maîtrisons, quelque soit le contexte. Il est important de s’adapter à notre environnement pour choisir la meilleure stratégie. Parfois, la situation peut être prévisible pour certaines choses et imprévisible pour d’autres, certaines ressources peuvent être abondante et d’autres rares. Dans ce cas, il faut pouvoir s’adapter et même jongler avec les stratégies.

Par exemple, dans un grand groupe au-delà de cent personnes, il est possible, grâce au nombre suffisant de membres adoptant un rôle réactif, de faire ressortir le maximum de points de vue et de ne choisir qu’a posteriori ceux que l’on souhaite conserver : « Étant donné suffisamment d’observateurs, toutes les pistes applicables à un problème donné sautent aux yeux ».

Mais si le groupe est plus petit que un ou deux milliers de personnes, le nombre de membres qui adoptent une attitude proactive et a fortiori le nombre de personnes qui participent à la coordination du groupe est faible. La coordination de groupes inférieur à quelques milliers doit donc faire appel à des stratégies de planification et/ou de négociation.

Cartographier pour donner une vision d’ensemble 

Dans un échange à plusieurs, et plus encore dans un conflit, chacun à tendance à défendre sa position et à la répéter sans cesse pour être sûr qu’elle soit bien prise en compte. Dans les faits, très souvent les différents points de vue ne s’excluent pas mais au contraire se complètent pour donner ensemble une vision plus globale. Pour dépasser cette difficulté, il faut prendre en compte nos deux modes de pensée qui utilisent chacun une mémoire de travail différente.

Le premier, basé sur le discours consiste à placer les idées les unes à la suite de l’autre, un peu comme nous plaçons un pas devant l’autre pour avancer depuis un point de départ jusqu’à un point d’arrivée en suivant un cheminement. Ce mode de pensée permet en particulier l’approche rationnelle mais il prend très difficilement en compte le conflit (un point de départ, deux directions), l’intelligence collective (plusieurs points de vue sur le même point d’arrivée) ou encore la créativité (trouver de nouveaux chemins entre plusieurs points de départ et plusieurs points d’arrivée) qui utilisent tous les trois un autre mode complémentaire.

Le deuxième mode de pensée est basée sur la cartographie. Il consiste à disposer toutes les idées en fonction de leur proximité sur une même carte mentale, sans chercher à les sélectionner a priori pour obtenir une vision la plus complète des idées et des chemins possibles. Les schémas heuristique (mind mapping en anglais) co-construits et projetés à la vue de tous lors de séances sont très performants pour donner une vision globale aux membres du groupe et ainsi permettre de chercher de nouvelles idées et de nouveaux points de vue plutôt que chacun ne se focalise que sur une ou quelques idées déjà proposées.

Pour aller plus loin, deux approches sont possibles :

L’art de la mémoire : Lors de rencontres synchrones (en ligne ou en présentiel), il est possible de coupler la carte d’idée avec une autre carte souvent territoriale que chacun peut conserver plus facilement dans sa mémoire à long terme. Il peut s’agir d’un lieu connu de tous (leur cathédrale pour les moines du Moyen Âge) ou à défaut d’un lieu co-construit (il est plus facile de mémoriser à long terme un territoire que des idées) ;

Les cartes textuelles : dans les échanges asynchrones en ligne, les personnes qui adoptent une attitude réactive (dix fois plus nombreux que les proactifs) et les « observateurs » (encore plus nombreux) utilisent des outils qui gèrent mal le mode graphique (mail, Facebook, Twitter). Proposer une carte dessinée nécessite alors de fournir un lien vers une page web qui contient la carte. Mais dans ce cas, une moitié seulement environ des participants vont voir la carte.

Il est cependant possible d’utiliser les possibilités de présentation des textes pour permettre une carte textuelle qui ne nécessite pas d’être lue en entier comme un texte mais peut être parcourue comme une carte : listes à points et à sous points, formulation courte des idées tenant sur maximum une ligne, gras, soulignés, italique pour mettre en valeur certains mots clés ;

Appliquer ces principes pour produire de l’intelligence collective

A partir des principes présentés dans les parties précédentes, nous pouvons commencer à poser quelques règles pour permettre de produire des idées et des contenus avec plusieurs centaines de personnes. Nous traiterons ici plus particulièrement d’échanges en ligne asynchrones qui peuvent être enrichis ponctuellement par des rencontres synchrones en présentiel ou en ligne.

1. Le groupe doit avoir au minimum une centaine de membres.

Ceux-ci ne vont plus contribuer systématiquement comme dans un petit groupe. Tant que le groupe ne dépasse pas plusieurs milliers, voir plusieurs dizaine de milliers il est important de se focaliser sur les personnes qui adoptent une attitude réactive (cette taille de groupe est la plus courante.

Même dans les très grands groupes de dizaine de milliers de personnes, seul un sous-groupe va s’intéresser à un contenu spécifique). Selon la règle des 90-9-1, les réactifs seront au moins une dizaine ce qui est suffisant pour démarrer une dynamique et éventuellement encourager d’autres participations.

2. Le ou les animateurs ont un rôle particulièrement critique.

En effet les animateurs doivent être par définition proactifs. Or ceux-ci, dans un groupe entre une centaine et un ou deux milliers de membres, ne représentent que quelques personnes. Les erreurs ou le manque de proactivité d’un animateur peuvent entraîner une inaction de tout le groupe.

Dans un groupe jeune (en général moins de deux ans), l’animateur ou le petit groupe d’animation a un rôle central. On parle même dans le logiciel libre de « dictateur bienveillant ». Pour un groupe plus mature, il est possible d’avoir des personnes différentes qui, suivant les thèmes abordés, prennent un rôle d’animation. Dans ce cas si l’animation d’une discussion est toujours un rôle contraint, il l’est moins pour l’ensemble du groupe qui pourra avoir des discussions qui aboutissent et d’autres non.

3. Laisser exprimer toutes les idées sans faire choix dans un premier temps.

Il faut au contraire « ouvrir les possibles » pour identifier toutes les idées qui pourraient être ajoutées, plutôt que de supprimer celles déjà émises. Des idées qui semblent a priori moins intéressantes peuvent se révéler extrêmement riches bien qu’a priori contre intuitives. Même si une idée proposée se révèle effectivement stupide, elle peut en susciter d’autres tout à fait intéressantes.

4. Une synthèse sous forme de carte donne une vision d’ensemble des échanges.

Dans le cas des échanges en ligne asynchrone, il vaut mieux utiliser une « carte textuelle » qui peut être reçu par pratiquement tout le monde. Elle ne nécessite pas d’être lue en entier comme un texte mais peut être parcourue comme une carte (avec des listes à points et sous points, des gras et des soulignés pour faire ressortir des mots…). C’est ce point qui demande le plus de travail d’animation. Des outils et des méthodes doivent permettre de réduire ce temps au mieux.

5. Au moins quelques informations doivent être envoyés en « push ».

Pour toucher les réactifs il faut fournir au moins certaines information en push (l’information est envoyée directement sur un compte que lit la personne régulièrement : mail, Facebook ou Twitter).

Mais suivant le nombre de membres, l’activité de la discussion et l’acceptation plus ou moins grande pour chacun de recevoir directement des informations, il faut également pouvoir offrir l’accès à l’ensemble de l’information avec des outils pull pour ceux qui le veulent (la personne va chercher elle même l’information en allant sur un forum, les archives mail ou d’autres pages web).

Il faut donc trouver le juste équilibre entre ce qui est envoyé à tout le monde et ce qui n’est pas envoyé mais doit aller être cherchée par ceux qui le veulent (depuis la liste de discussion ou tout est reçu par tout le monde jusqu’à l’envoi des seules synthèses, en passant par l’envoi en plus d’une sélections de quelques contributions stimulantes incitant les lecteurs à réagir).

6. Ce sont les itérations de contributions/synthèses qui apportent l’intelligence collective.

La cartographie des différents points de vue permet d’obtenir une meilleure vision d’ensemble (comme dans la parabole des aveugles et de l’éléphant). Mais l’intelligence collective commence réellement lorsque les participants s’appuient sur ce qu’ont dit les autres (ou plus précisément sur la cartographie d’ensemble de ce qui a été dit) pour proposer des idées nouvelles qu’ils n’auraient pas eu autrement. Ainsi chaque cycle de contributions puis de synthèse augmente le niveau d’intelligence collective et permet d’arriver à des propositions qui pour certaines sont particulièrement innovantes et pertinentes.

Méthode pour produire un texte collectif jusqu’à quelques milliers de participants

L’objectif de cette méthode est de produire du contenu de façon collaborative, non seulement en y intégrant les contributions initiales de chacun mais aussi et surtout les contributions issues des échanges. Elle s’appuie sur des synthèses régulières sous la forme de cartographies textuelles (un texte qui peut être parcouru comme une carte plutôt que lu de bout en bout avec des listes à point et à sous point, des gras et des soulignés pour faire ressortir des mots, etc.).

Il s’agit de donner une vision d’ensemble de ce qui a été déjà proposé pour concentrer les contributions sur des idées nouvelles.

Cette méthode se concentre sur les « grands groupes » en ligne, suffisamment grands pour avoir des réactions sans trop d’effort (une centaine ou plus de membres) tout en n’atteignant pas la taille suffisante pour pouvoir se concentrer uniquement sur les proactifs (au-delà de plusieurs milliers).

Cela représente une très grande partie des groupes en ligne souhaitant produire en commun des contenus sur un thème plus particulier. Dans ce cas, l’accent est mis sur les personnes ayant adoptés une attitude réactive qui sont en général dix fois plus nombreux que ceux qui ont adoptés une attitude proactive.

Les deux premières parties présentées ci-après, se concentrent sur les outils et la constitution du groupe pour ceux qui créent leur groupe ou bien qui ont des groupes encore trop petits. La partie suivante sur la veille, la compréhension commune et l’idéation constitue le coeur de la méthode pour constituer une vision d’ensemble structurée d’idées collectives. Les deux dernières parties sur le choix dans les idées et la rédaction permettent d’obtenir un texte qui peut être lu facilement par des personnes n’ayant pas participé au sujet et le connaissant peu.

Comment produire un document à plusieurs centaines de personnes ? 2eme partie

Auteur de la fiche : Jean-Michel Cornu

Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA

Description : La première partie de ce texte est disponible ici

Constitution du groupe

INVITATION À PARTICIPER

Pour constituer un groupe il faut commencer par y inviter des personnes. Cela peut se faire de façon collective et de façon individuelle. Les deux sont complémentaires. Une invitation n’est pas une inscription, il faut demander l’autorisation à une personne pour l’inscrire au groupe.

Par contre, si celle-ci est intéressée, son inscription doit être la plus simple possible : cliquer sur un simple lien dans un mail en n’ayant à remplir qu’un minimum d’information (en général le prénom et le nom, parfois l’organisation. Le mail peut souvent être détecté directement).

Il est possible de proposer en plus de cette première méthode, de répondre simplement au mail envoyé afin d’abaisser encore le seuil de passage à l’acte17. La réponse peut être traitée soit manuellement, soit mieux de façon automatique avec une adresse de retour qui pointe vers un robot qui permette d’inscrire directement la personne (en détectant dans l’adresse d’envoi son mail ou son compte sur le réseau social, ainsi que son nom).

Pour l’invitation collective, il faut tout d’abord choisir les créneaux de diffusion de l’information : listes mails de discussion ou de diffusion, réseaux sociaux, newsletters… Il faut prendre garde de ne pas spammer des groupes où une telle invitation ne ferait pas partie de l’objet.

Des endroits naturels où une telle invitation peut être envoyée seraient la liste des membres, les newsletters et les réseaux sociaux de la ou des organisations qui animent le nouveau groupe. Avec un CRM (Customer Relationship Management, système de gestion des profils et des envois dans une organisation), il est même possible de personnaliser le message d’invitation avec en particulier le prénom et/ou le nom de la personne.

POUR CEUX QUE L’ON SOUHAITE PARTICULIÈREMENT AVOIR DANS LE GROUPE

Pour la partie individuelle, il faut tout d’abord constituer une liste des personnes que l’on souhaiterait avoir dans le groupe. Cela peut être fait par exemple avec un tableur où on trouve pour chaque personne à inviter une champ au format « Prénom Nom » (format qui permet un envoi facile avec non seulement le mail mais aussi le nom).

D’autres colonnes peuvent comprendre l’organisation, un champ commentaire montrant l’intérêt d’avoir la personne dans le groupe ou encore des champ avec la date d’envoi, la réponse, la date éventuelle de première et de deuxième relance, etc. Ce tableau (ou une application qui ferait cela de façon plus efficace) permet de suivre les invitations individuelles. Si la personne, au bout d’une semaine environ n’a pas répondu, il est possible de faire une relance puis éventuellement une deuxième relance une semaine encore après.

Il ne faut pas aller plus loin, on peut considérer qu’une personne qui ne répond pas deux ou trois fois ne souhaite pas être dans le groupe. Les messages d’invitation et de relance doivent être personnalisés avec le nom et/ou le prénom au moins au début du message, même si le reste est un message type. Il peut être également utile de prévoir deux types de messages : l’un avec le tutoiement et l’autre avec le vouvoiement (il faut alors indiquer dans le tableau la façon dont on s’adresse à la personne : tu ou vous).

Le message doit être le plus court possible tout en restant clair et complet (il doit tenir dans maximum un écran habituel d’ordinateur) et la fin du message doit être signée par une ou deux personnes avec éventuellement leur titre plutôt que de façon plus anonyme par un groupe ou une organisation.

Une telle approche des invitations individuelles, lorsque elles est bien réalisée et que l’on connaît au moins un peu les personnes invitées (il peut être utile de faire signer le message par des personnes qui connaissent le destinataire) permet un très bon taux de retour (jusqu’à entre 80 et 90%).

Il peut être judicieux également de montrer dans l’invitation qu’il n’est pas nécessaire de contribuer pour participer au groupe (entre 60 et 90% des membres d’un groupe sont observateurs voire totalement inactifs 20), que le nombre de messages restera raisonnable (par exemple seules les synthèses et une sélection groupée de contributions seront envoyées avec au maximum cinq messages par semaine, le détail restant disponible sur une page web), et qu’il possible de se désinscrire à tout moment .

Mise en place des outils en ligne

LES OUTILS DE LA DISCUSSION

La première étape est de faire le choix des outils push (l’information est apportée jusqu’au participant : mail, Facebook, Twitter…) et pull (le participant va chercher l’information : forum, pages web…). Pour un groupe relativement petit jusqu’à quelques centaines de personnes qui utilisent toutes le mail, une simple liste de discussion mail suffit.

Les archives de la liste permettent aux proactifs d’aller retrouver les informations anciennes et facilitent le travail des animateurs qui doivent faire des cartographies.

Mais de plus en plus souvent, les participants lisent régulièrement leurs messages à l’aide d’outils qui ne sont pas les mêmes pour chacun : certains suivent Facebook mais ne lisent plus leurs mails très régulièrement, d’autres suivent Twitter mais ne vont plus sur Facebook. Certains ne suivent qu’un de ces trois outils parfois deux mais rarement les trois.

D’autres groupes utilisent un réseau social général (Linkedin, Viadeo) ou spécifique à leur communauté (basé sur les logiciels Elgg, Diaspora, Movim, Daisychain…). Il faut donc pouvoir s’adapter aux différents outils utilisés par les membres du groupe… ou réduire celui-ci aux seuls membres utilisant fréquemment tel ou tel outil.

De plus, lorsqu’un groupe devient grand, le nombre de contributions grandit également et peut dépasser le taux acceptable pour un participant. Dans un mode en ligne ou la plupart souffrent de « l’infobésité » (trop d’information), même pour un groupe relativement peu nombreux, certains peuvent être gênés par les mails suscités par la discussion.

Pour éviter des désabonnement ou des désaffections (des mails classés automatiquement sans être lus, voire classés comme spam…), il est nécessaire de n’envoyer à tout le monde ou à ceux qui le souhaitent que les informations les plus importantes : cartographies régulières des discussions, sélection de quelques contributions groupées dans un même message pour stimuler la participation, etc.

Dans ce cas, il est encore plus important que l’ensemble des contributions soit disponible (de façon pull) pour permettre à ceux qui le souhaitent et bien sûr aux animateurs qui font la cartographie, de retrouver le détail des contributions.

C’est donc par une alliance entre des outils push et pull que la discussion peut permettre d’envoyer certains messages à tout le monde (pour toucher les réactifs) tout en gardant le nombre de messages reçu raisonnable (pour éviter la surinformation).

Vous retrouverez ce texte dans mon document de travail QUIP ici

 

 

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